
Proclamation de la Commune devant l'Hôtel de Ville Paris, 1871, Musée de Montreuil
Quelques conclusions
Arrêt n° 13 – Quelques conclusions
Quelque part av. d’Italie.
Que dire de la Commune ?
En quoi est-elle encore si vivante aujourd’hui ? A-t-elle des leçons à donner ? Elle ne se reproduira pas à l’identique — les hommes ont changé, l’époque et les circonstances aussi — mais son esprit de critique, de liberté et de revendication de justice sociale qu’elle nous lègue ne sombre pas dans l’oubli.
En France ou à l’étranger les luttes sociales, les révolutions de la fin du 19e siècle et du 20e siècle ont évoqué la Commune de 1871 : Karl Marx dans « La guerre civile en France » dénonce la perfidie et la trahison de Thiers et transcende la résistance du peuple : « Le Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d'une société nouvelle. Le souvenir de ses martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière. Ses exterminateurs, l'histoire les a déjà cloués à un pilori éternel, et toutes les prières de leurs prêtres n'arriveront pas à les en libérer ».
Pour Lénine et les bolcheviks, la Commune de Paris est une référence politique fondamentale.
« C’est un évènement sans précédent et le souvenir des combattants de la Commune n’est pas seulement vénéré par les ouvriers français, mais par le prolétariat du monde entier… C’est en ce sens que la Commune est immortelle ! ».
En Belgique, en 1886, à Liège, lors des importants mouvements ouvriers, la manifestation du 15e anniversaire de la Commune est sévèrement réprimée par la police.
En Espagne, en 1909, à Barcelone, la contestation par l’action directe se développe et les insurrections urbaines alimentent une mémoire de lutte, les barricades et combats de rue évoquent la Commune de Paris. Plus près de nous en 1936-1937, toujours à Barcelone les comités révolutionnaires de quartier permettent aux communautés ouvrières d’exercer un nouveau pouvoir sur leur quotidien. Des nouvelles pratiques solidaires, sociales sont mises en œuvre : Des réquisitions de nourriture et des cantines populaires permettent d’organiser l’approvisionnement. Les femmes combattantes du Rojava qui luttent contre Daech (dans la pointe N-E de la Syrie) se réclament sur certains points de la Commune.
Dans l’actualité récente encore, elle apparaît souvent comme une référence dans les luttes sociales lorsque les droits du travail, de l’accès à la santé, les services publics sont attaqués, ainsi que les restrictions de liberté de manifester.
En France, tout récemment, le mouvement des Gilets Jaunes, ou ‘’Nuit debout’ ’réclamaient les referendums d’initiative citoyenne en toute matière, la possible révocation des élus, une assemblée constituante et de nombreuses mesures sociales comme l’augmentation des salaires et des retraites, une réforme fiscale, preuve s'il le fallait que les aspirations des communards sont arrivées jusqu'à nous.
La conclusion finale à Jean Baptiste Clément
Quoi de mieux que citer les mots de Jean Baptiste Clément qui écrit dans ‘’Le cri du Peuple’’ le 24 avril 1871, un mois avant la semaine sanglante, ce texte à la fois prémonitoire mais aussi chargé d’avenir.
«Supposons que le peuple soit vaincu, supposons que les bonapartistes et les royalistes rentrent dans Paris en barbotant dans des mares de sang et en piétinant sur des cadavres.
Que restera-t-il de la Commune ? Des décrets sur les murs, des affiches qu’on déchirera, répondent ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Ah ! vous vous trompez ! Quand bien même ces décrets n’auraient pas reçu leur pleine exécution, quand bien même vous déchireriez toutes les affiches, quand bien même vous passeriez tous les murs à la chaux, vous ne parviendrez pas à enlever de nos esprits les principes qu’ils ont affirmés, vous n’empêcherez pas que le peuple ait senti la différence qu’il y a entre les gouvernements de Versailles et les membres de la Commune, vous n’empêcherez pas que le peuple ait vu là le salut des travailleurs et l’avenir du monde »

