La Commune universelle


8 rue Atget, devant l'entrée du square Brassaï.

Le rôle des femmes

Si elles ne peuvent pas voter, les femmes parlent dans les assemblées et publient des affiches pour appeler à la lutte jusqu'au bout. Elles participent par milliers aux combats, soit comme cantinières ou ambulancières, soit même comme combattantes. Dès le 3 avril, elles tentent une marche sur Versailles. Elles seront sur les barricades, comme Victorine Brocher dans le Bataillon des Turcos.

Elles sont actives dans la lutte pour ouvrir des écoles gratuites et laïques, comme Victoire Tinayre qui habite 16 rue Abel Hovelacque et enseigne dans le 12e. En cela elles s'opposent aux bonnes sœurs et sont donc très anticléricales. (La production de vêtements de broderies par les bonnes sœurs est une concurrence commerciale déloyale !!)

Elles luttent pour l'égalité des salaires, la réouverture des ateliers abandonnés, le secours aux veuves et orphelins des gardes nationaux comme le Comité des Dames. Elles se montrent particulièrement déterminées face aux lâches et opposées à tout compromis avec l'ennemi.

Des femmes du 13e, Louise Leroy et Octavie Tardif, publient avec « les citoyennes » du « Comité des Dames » un manifeste dont voici un extrait :

« Les femmes, soussignées, mères de famille, dont les maris sont partis pour lutter contre Versailles et soutenir la Commune... Demandons que les peureux et les lâches soient saisis et flétris publiquement. »

Ou le Manifeste de l'Union des femmes qui proclame :« Aujourd'hui toute conciliation serait une trahison... L'arbre de la Liberté croît, arrosé du sang de ses ennemis... »

Les étrangers et la commune

Paris est à la fin du XIXème siècle la ville phare de la Révolution où se réfugient les proscrits d'Europe : Russes, Polonais, Italiens. Mais c'est aussi une grande ville industrielle qui attire les mains d'œuvre belges, italiennes, luxembourgeoises, allemandes, etc. On compte environ 120 000 étrangers à Paris. Parmi les quelque 2000 qui participent aux combats, 1700 seront arrêtés.

Ils sont présents aux postes militaires, comme les généraux Dombrowski et Wroblewski, mais aussi aux responsabilités politiques, comme Élisabeth Dmitrieff et Léo Frankel. Léo Frankel, émigré hongrois, ouvrier bijoutier et membre de l'AIT, est donc élu membre de la Commune pour le 13e, un étranger ! Les Versaillais le « naturalisent Prussien » pour prouver la collusion des communards avec l'ennemi !!

Mais la Commission de contrôle du vote valide son élection : « Considérant que le drapeau de La Commune est celui de la République Universelle, la Cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent... »

La rue Léo Frankel dans le 13e

En 2017, à la demande de l'Association des Amies et Amis de la Commune de Paris, le maire du 13e arrondissement, Jérôme Coumet, donne le nom de Léo Frankel à une nouvelle rue du quartier Chevaleret.

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