Un quartier industriel et ouvrier


Esplanade située devant le centre commercial ITALIE DEUX, entre l'avenue d'Italie et la rue Bobillot. Les visiteurs sont dos au centre commercial.

Présentation du 13e arrondissement

Bonjour et bienvenue pour cette promenade sur les pas des communards du 13e arrondissement.

En 1859, Paris est encore formé de 12 arrondissements, limité par le mur des Fermiers généraux — l'ancien mur d'octroi où les marchandises étaient taxées. Vers l'est, ce mur suivait l'actuel boulevard Vincent Auriol ; vers l'ouest, le boulevard Blanqui. Ici, place d'Italie, se trouvait la barrière de Fontainebleau, d'où partait vers le sud l'actuelle avenue d'Italie.

Paris vit sous le régime impérial de Napoléon III, apogée de la grande révolution industrielle. Une nouvelle grande bourgeoisie industrielle — mines, aciéries, chemins de fer, banques — vit dans un luxe effréné. Pour faire tourner ces grandes entreprises, il faut du monde, beaucoup de monde. Apparaît alors ce que Jacques Rougerie appelle « les classes ouvrières au pluriel » : d'un côté, l'ancienne classe artisanale, à la frontière entre ouvrier salarié et petit patron, qui cultive encore l'espoir de s'élever ; de l'autre, le prolétariat, qui n'a que sa force de travail à vendre et sait qu'il ne deviendra jamais patron.

Un quartier nouveau et populaire

En 1860, Napoléon III crée le XIIIe arrondissement en annexant les parties nord d'Ivry et de Gentilly, terrains encore semi-agricoles, entre le mur des Fermiers généraux et les fortifications de Thiers. L'arrondissement se développe en deux pôles : au nord, autour de la Salpêtrière et de la future gare d'Austerlitz, les petits métiers artisanaux de Croulebarbe — corroyeurs, chausseurs, cordonniers tanneries, megisseries ; au sud, dans le quartier de la Gare et le long de la Bièvre, les grandes usines modernes — sucrerie Say, chocolaterie Lombard, ateliers de la gare d'Orléans, tanneries et mégisseries — employant chacune 800 à 1 000 personnes et des petites industries urbaines le long de la Bièvre dans le quartier de Maison-Blanche.

C'est ici que s'entassent les expulsés du centre par les grands travaux d'Haussmann, les provinciaux et les étrangers, dans des taudis insalubres et surpeuplés. Émile Duval sera le représentant et le défenseur de ce prolétariat de la grande industrie. La population explose : de 46 000 habitants en 1860, elle atteint 70 000 en 1869. Les salaires sont très bas, la répression tombe sur tous ceux qui protestent. Dans ce « faubourg souffrant », on recense 15 000 indigents sur 70 000 habitants.

 

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