Albert Adrien Regnard (1836 - 1903)


Né le 20 mars 1836 à la Charité-sur-Loire (Nièvre) ; mort le 17 septembre 1903 à Paris (Ve arr.) ; interne des hôpitaux ; franc-maçon ; secrétaire général, sous la Commune de Paris, à la préfecture de police.

En 1864, Regnard, interne à l’hôpital de la Charité à Paris, appartenait au noyau blanquiste, « embryon du Parti » . Il prit part au congrès international des étudiants qui se tint à Liège du 29 octobre au 1er novembre 1865, et il fut exclu à vie de l’Université de Paris et pour une année des autres universités de France. Franc-maçon, Regnard appartenait, en décembre 1866, à la loge « La Renaissance par les émules d’Hiram ». En février 1867, il se maria civilement et la cérémonie donna lieu à une manifestation de plus de deux cents personnes. Le 8 mars, il était condamné à quatre mois de prison et 300 F d’amende pour « outrages à la religion catholique et à la morale publique » et fut interné à Sainte-Pélagie. Sa vaste culture en faisait une des personnalités les plus attachantes et l’une des parures intellectuelles du blanquisme » (cf. M. Dommanget, op. cit.).

En 1870, il signa le texte Le Plébiscite et la Libre Pensée.

Durant le 1er Siège, Regnard était chirurgien à la Garde nationale. Il signa, le 6 septembre 1870, la déclaration tirée en affiche La Patrie en danger, qui commençait par la phrase : « En présence de l’ennemi, plus de partis ni de nuances… ». Dans la Patrie en danger, à l’automne 1870, il faisait figure d’anticlérical farouche . Il expliqua s’être rattaché au blanquisme considéré non comme une faction, mais comme le mouvement à la fois socialiste et scientifique « qui seul avait repris la tradition […] celle de la Commune de Paris, de la Commune de Cloots et de Chaumette, fille directe de l’Encyclopédie… La révolution sociale basée sur la science »

Durant la Commune, ce fut à l’Affranchi qu’il donna des articles presque quotidiens, remplaçant après le 15 avril Paschal Grousset, absorbé par ses fonctions, jusqu’à rédiger les éditoriaux sous bonnet phrygien de ce Journal des Hommes libres.
Il était en même temps médecin légiste et secrétaire général de la préfecture de Police. Collaborateur du Journal officiel de la Commune de Paris (Voir 7 avril), il fit également partie d’une commission médicale adjointe à Treillard, directeur de l’Assistance publique (J.O. Commune, 10 mai) ; éclectique, il était membre de la Commission « instituée pour veiller aux intérêts de l’art musical et des artistes » et s’occupait aussi des activités de l’Opéra.

En mai 1871, il put se réfugier à Londres et s’y constituer une clientèle mi-anglaise, mi-française, sans renoncer à ses autres activités : il y fit l’apologie de son chef Rigault et prononça en 1877 une conférence sur « un poète révolutionnaire et socialiste, Shelley ».
Le 6e conseil de guerre l’avait condamné par contumace, le 12 octobre 1872, à la peine de mort ; il fut amnistié le 5 juin 1879.
À la fin de sa vie, il était inspecteur général des services administratifs au ministère de l’Intérieur.

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