François Cantagrel, Jean, Félix (1810 – 1887)


Né le 27 juin 1810 à Amboise (Indre-et-Loire), mort le 27 février 1887 à Paris. Fouriériste et homme politique républicain.

En 1870, il fut appelé en Loir-et-Cher avant l’investissement de Paris et y fit partie du Comité de défense, jusqu’au jour où les civils durent céder le pas à l’autorité militaire. Durant la Commune, il était à Nantes et y reprit le journal L’Union démocratique fondé en 1865 par le docteur Guépin.   Selon l’Enquête parlementaire (rapport du président de la Cour d’appel de Rennes, p. 121), il s’opposa dans son action journalistique au maire Waldeck-Rousseau que soutenait le Phare de la Loire ; il patronna à Nantes Georges Clemenceau et l’introduisit dans des clubs ouvriers. Il était radical, franc-maçon — plus tard vénérable de la loge Les Amis inséparables. Il  » appartient au genre des révolutionnaires montagnards, de l’école des Delescluze, des Duportal « . Il assista, durant la Commune, au congrès de Moulins puis regagna Nantes. Le Vengeur, de Félix Pyat, l’inscrivit parmi les candidats du IXe arrondissement aux élections complémentaires du 16 avril 1871.

Ainsi l’attitude de Cantagrel durant la Commune n’avait pas été aussi nettement favorable que celle de Victor Considerant. Il apparaissait comme une sorte de conciliateur bienveillant. Il se fit élire, le 30 juillet 1871, conseiller municipal de Paris (la Chapelle — XVIIIe arr.) sur un programme démocratique radical, et sans doute recueillit-il les votes de beaucoup d’électeurs qui avaient, en avril, sinon en mai, apporté leur concours à la Commune.

C’est que le 9 juin 1871 Cantagrel avait été condamné, aux assises de Nantes, à six mois de prison et 2 000 F d’amende pour  » excitation à la haine et au mépris du gouvernement et désobéissance aux lois « . Arrêté à Blois, le 25 septembre, et jeté à Sainte-Pélagie parmi les condamnés de droit commun, il fut libéré sur les instances du préfet Léon Say, de manière à pouvoir siéger. Vice-président du conseil général de la Seine en 1872, député du XIIIe arrondissement en 1876, il remercia ses électeurs qui avaient défendu en lui  » la cause du travail,… de l’organisation régulière et progressive de la République démocratique et sociale « .

Pour mieux remplir ses fonctions de député, il démissionna de son mandat de conseiller municipal. Ses électeurs du XIIIe lui étaient fidèles. Un rapport de police de 1875 le disait  » rêveur, pas assez énergique pour s’être jamais fait un trou dans le parti radical qui le tolère à cause de ses anciennes relations « .

À la Chambre, Cantagrel était un député radical respecté de ses adversaires jusqu’à sa mort en 1887, votant pour l’amnistie, contre le Concordat, contre le maintien d’une ambassade au Vatican, contre les expéditions coloniales.

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